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Le jeudi 8 octobre dernier se déroulait notre traditionnelle Course de la tombée des feuilles. Je suis toujours impressionnée de voir les jeunes se dépasser physiquement. Les petits, comme les grands, cherchent à repousser leur limites et à accomplir un exploit personnel à travers cette course, et c’est inspirant puisque j’avoue que l’apprentie sportive que je suis aurait du mal même à courir le parcours des élèves de maternelle sans s’arrêter!!! Mais honnêtement, ce qui me touche le plus de cette journée, c’est qu’à chaque fois, on y voit un élan d’encouragement et de solidarité. Parents et grand-parents qui viennent faire du bénévolat ou simplement supporter leurs petits… Grands du secondaire qui courent avec les plus jeunes et qui encouragent ceux qui ont de la difficulté… Camarades de classes qui crient à s’époumoner :«Vas-y, t’es rendu, Youppie! Let’s go un tel let’s go»! C’est tellement rafraîchissant, dans un monde où on entend tous les jours parler d’intimidation, d’être témoin d’une telle solidarité. Que tu sois hyper sportif et que tu te battes contre un record mondial de vitesse… Que tu parviennes avec peine à la ligne d’arrivée et que tu poursuives simplement le désir de t’améliorer… Lors de cette journée, tout le monde est traité en champion!

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Lorsque j’étais à l’école, je n’étais pas très très en forme. Mes performances sportives étaient plutôt médiocres et je fuyais littéralement tous les cours d’éducation physique où l’on pratiquait des sports d’équipe. Dans la sélection, j’étais toujours prise la dernière et je préférais faire exprès pour me montrer le plus «poche» possible plutôt que de faire un effort et de me faire «démolir» par les paroles méchantes et décourageantes de mes «camarades de classe». Résultat: j’ai 37 ans, et je dois lutter pour apprendre à aimer l’activité physique, parce que c’est important pour ma santé. Je n’ai jamais appris à aimer ça. Pour moi, le sport ça fait mal. Ça fait mal parce que je ne me sens pas à la hauteur, ça fait mal parce que jamais, pour moi, ça n’a été associé à quelque chose de bon.

Ce que fait cette journée dans la vie des jeunes: vous n’avez pas idée… et même eux ne le savent probablement pas encore. Cette journée montre la joie de l’effort. Cette journée montre que se dépasser, c’est personnel et qu’atteindre un objectif, c’est satisfaisant. Cette journée montre que ça vaut la peine de suer et de donner le deuxième effort et qu’au bout du compte, tu peux être fier de toi. Cette journée montre que ton effort a de la valeur et que tes amis sont là pour te supporter. Cette journée donne à des jeunes qui, comme moi, auraient tendance à fuir, le courage de persévérer. Et finalement, cette journée permet à bien des jeunes de comprendre qu’eux aussi, ils sont capables… et que l’activité physique, c’est pour tout le monde!

Merci à cette école que j’aime de donner à mes enfants, la chance de développer l’amour du sport. Peut-être, à 37 ans, n’auront-ils pas, comme moi, tout à apprendre.

Cindy Bouchard (alias Mme Charbonneau)

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